Character.AI, la start-up américaine spécialisée dans les agents conversationnels personnalisables, a placé son activité sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. Selon les documents déposés devant la justice, elle doit près de 7 millions de dollars à Google et à un groupe de grands cabinets d’avocats, un montant qui éclaire les difficultés financières de l’entreprise.
- Character.AI doit près de 7 millions de dollars à Google et à des cabinets d’avocats.
- L'entreprise a déposé le bilan sous chap. 11 et prévoit une cession avant la fin de l’année.
- Elle fait face à des litiges juridiques qui aggravent ses difficultés financières.
- Ses actifs et passifs se situent entre 50 et 100 millions de dollars, avec des coûts élevés liés au secteur IA.

Une cession du groupe prévue avant la fin de l’année
La procédure a été engagée lundi dans le Delaware. L’entreprise, qui permet à ses utilisateurs de créer leurs propres robots conversationnels, prévoit désormais de céder la société sous la supervision du tribunal d’ici la fin de l’année. Le dossier de faillite indique qu’elle doit plus de 10,6 millions de dollars à ses vingt principaux créanciers non garantis. Parmi eux, Google se distingue avec plus de 4 millions de dollars, tandis que cinq cabinets d’avocats réunis figurent pour 2,6 millions de dollars supplémentaires.
Google et les grands cabinets parmi les principaux créanciers
Le cabinet Hogan Lovells est le principal créancier parmi les avocats, avec environ 2,1 millions de dollars. Viennent ensuite White & Case, pour près de 189 000 dollars, Munger, Tolles & Olson, pour environ 137 000 dollars, Skadden, Arps, Slate, Meagher & Flom, pour quelque 126 000 dollars, et Quinn Emanuel Urquhart & Sullivan, pour environ 64 000 dollars. Les documents ne détaillent pas la nature de ces dettes. Contactés, Google et les cabinets concernés n’ont pas immédiatement répondu aux sollicitations.
Le lien avec Google ne se limite pas aux créances. La start-up, fondée par d’anciens chercheurs de l’entreprise, avait choisi Google Cloud comme infrastructure cloud privilégiée dès 2023.
Des procès qui s’ajoutent à des finances sous tension
Character.AI fait par ailleurs face à une série de procédures judiciaires, qui lui reprochent d’avoir nui à de jeunes utilisateurs ou d’avoir encouragé chez eux des comportements dangereux. L’entreprise a accepté de transiger sur plusieurs de ces plaintes plus tôt cette année. Selon les pièces du dossier de faillite, ces difficultés juridiques n’ont fait qu’aggraver une situation financière déjà délicate.
Le document estime les actifs de la société entre 50 et 100 millions de dollars, pour un passif situé dans la même fourchette. Dans l’un des écrits déposés, la direction explique que le secteur du divertissement fondé sur l’intelligence artificielle s’est révélé très coûteux à développer. « Ces coûts élevés, associés aux responsabilités potentielles liées aux litiges et à l’engagement réglementaire, ont contribué à l’incapacité du débiteur à générer des flux de trésorerie suffisants pour soutenir son activité sous sa forme actuelle », peut-on lire.
Interrogé par Business Insider, un porte-parole de Character.AI assure que, au cours de l’année écoulée, la société a « pris des mesures significatives pour soutenir et améliorer activité face à d’importants obstacles juridiques, réglementaires et opérationnels ».