Chapô François Ozon présente une adaptation audacieuse du célèbre roman de Albert Camus, « L’Étranger » , transposant l’œuvre dans un contexte à la fois historique et politique. Avec une mise en scène qui interroge les conventions, le film mêle classicisme cinématographique et contemporanéité.

Le synopsis
En Alger, en 1938, le protagoniste, Meursault, un homme d’une trentaine d’années et modeste employé, enfouit sa mère sans montrer la moindre émotion. Le lendemain de l’enterrement, il commence une liaison avec Marie, une collègue. Sa routine tranquille est troublée par son voisin Raymond Sintès, qui l’entraîne dans des péripéties douteuses. Une rencontre sur la plage sous un soleil ardent amène le récit vers un dénouement tragique.
La critique de Paris Match (4/5)
François Ozon poursuit son exploration des genres variés avec « L’Étranger », adapté d’un roman considéré comme inadaptable. Le film réussit à donner vie à la prose complexe de Camus. Benjamin Voisin (*Meursault*) incarne un personnage impassible et énigmatique : « Impassible, absent, presque inhumain. presque habité par le néant de son personnage qu’Ozon ose filmer comme un mystère mais aussi un objet de désir ».
Le choix du noir et blanc – motivé par des raisons budgétaires – accentue l’atmosphère sombre d’une Algérie coloniale empreinte d’un passé trouble où germent déjà les prémices de rébellion. Ozon réussit à instaurer une dimension politique au récit : « Sans jamais le revendiquer… autrement actuel qu’il porte entre les lignes ». Ce projet audacieux passionnera certains tout en laissant place aux débats quant à sa forme ou sa durée.
Ozon imprime ainsi quelques nuances supplémentaires au monumental texte littéraire : « Pour toucher à l’intouchable… déstabilisant mais impressionnant ».
Réalisé par François Ozon, Avec Benjamin Voisin, Pierre Lottin…
Ce film pourrait bien alimenter les discussions autour des adaptations littéraires au cinéma et ouvrir la voie à davantage d’explorations artistiques audacieuses dans le monde du septième art.