Ed Catmull, cofondateur de Pixar, âgé de 81 ans, donne des conseils de carrière à ceux qui s’inquiètent de l’intelligence artificielle. Dans un entretien avec Alex Mashrabov, PDG de Higgsfield AI, il décrit l’état d’esprit que les créatifs devront adopter alors que la technologie transforme leur secteur.

Comment s’engager pleinement dans son travail
Selon lui, au-delà de l’apprentissage du métier, le principal conseil est de s’engager pleinement dans son travail. « Les choses arrivent, que nous les aimions ou non, et notre meilleure réponse est de nous y engager pleinement », affirme-t-il. « Et nous nous engageons en apprenant le métier, en y ajoutant quelque chose, en travaillant avec les créateurs d’outils et avec les artistes, et en façonnant ce que cela devient. »
Lorsque les cinéastes se heurtent aux limites de l’intelligence artificielle, leurs frustrations peuvent indiquer la voie vers la prochaine avancée, car quelqu’un finira par bâtir une solution. « C’est ainsi que nous avançons », ajoute-t-il.
Quel est l’impact des mutations technologiques sur les carrières
En 1979, Ed Catmull rejoint Lucasfilm pour diriger sa division informatique, qui développe des technologies destinées à l’industrie du cinéma. En 1986, Steve Jobs rachète cette division et en fait une entreprise indépendante, Pixar, dont Ed Catmull est cofondateur et président.
Après avoir passé sa carrière à la pointe de l’animation informatique, il estime que les grands bouleversements technologiques ont toujours deux faces : ils ouvrent de nouvelles possibilités, mais posent aussi de nouveaux problèmes. « Nous aurons la même chose ici, sans aucun doute », dit-il. « Mais cela sera adapté, parce que je sais qu’il existe des cinéastes légitimes qui acceptent le fait que si vous vous engagez avec la technologie pendant son développement, vous contribuez à la façonner. »
Pour illustrer son propos, il évoque l’essor d’Internet et des réseaux sociaux. « Quand Internet est apparu, on entendait dire qu’il allait démocratiser l’information. C’est vrai, il l’a fait. Il a aussi démocratisé la désinformation », déclare-t-il. Pour Ed Catmull, il s’agit simplement de « la nature de la bête », et il ne s’attend pas à ce que l’intelligence artificielle fasse exception. « Notre question est la suivante : où en sommes-nous ? Où en sommes-nous en matière d’engagement, de développement, et d’avancée vers des choses très utiles ? »
Les inquiétudes des salariés face à l’intelligence artificielle
Ces conseils interviennent alors que les salariés se demandent si l’utilisation de l’intelligence artificielle les aidera à rester compétitifs ou si elle menacera davantage leur emploi. Business Insider a déjà rapporté que certains travailleurs craignent de former leurs propres remplaçants, même si des analystes du monde professionnel estiment que cette technologie risque davantage de transformer et d’accompagner de nombreux métiers que de les supprimer totalement, du moins pour l’instant.
Une autre préoccupation grandissante concerne la déqualification liée à l’intelligence artificielle. Une dépendance excessive à l’outil peut éroder le jugement et la capacité à résoudre les problèmes chez les salariés en début de carrière.