Les grands prix littéraires de l’automne 2026 seront proclamés selon un calendrier précis : l’Académie française ouvre la série le 29 octobre, suivie du prix Médicis le 2 novembre, puis du Goncourt et du Renaudot le 3 novembre, et du Femina le 4 novembre. Dans un contexte particulièrement morose pour les ventes de livres, cet ordre compte, car les jurys devront tenir compte des lauréats des autres prix pour éviter de doubler une récompense.

Ce calendrier place donc l’Académie française et le Médicis en tête. Le prix Interallié n’est pas retenu dans cette séquence, sa proclamation étant prévue bien plus tard, le 18 novembre.
Une rentrée 2025 très commentée
Avant d’aborder 2026, le texte revient sur la rentrée 2025, qualifiée de cru exceptionnel. Les romans d’Emmanuel Carrère, d’Anne Berest ou de Laurent Mauvignier étaient alors très attendus. Le Goncourt a été attribué à « La maison vide », de Laurent Mauvignier, publié chez Minuit, dont près de 700 000 exemplaires ont été vendus.
Le Femina a couronné « La nuit au cœur », de Nathacha Appanah, chez Gallimard, et le Renaudot « Je voulais vivre », d’Adelaïde de Clermont-Tonnerre, chez Grasset. Le prix du roman de l’Académie française est allé à « Passagères de nuit », de Yanick Lahens, chez Sabine Wespieser. Enfin, le Médicis a distingué « Kolkhoze », d’Emmanuel Carrère, chez POL, à la place des « Forces », de Laura Vazquez, au Sous-Sol. Or ce prix a normalement une vocation de découvreur, rappelle le texte.
Le premier roman de Thélyson Orélien au centre des regards
Du côté de la rentrée 2026, le milieu de l’édition a fait part, dès juin, de son sentiment à voix basse : « c’est une toute petite rentrée littéraire » et « comme on s’ennuie ». La mort de Didier Decoin, membre de l’Académie Goncourt, a par ailleurs jeté un vent de tristesse sur la saison, et toute l’édition était présente à ses obsèques.
Le premier roman du Canadien d’origine haïtienne Thélyson Orélien, « C’était ça ou mourir » (Grasset), est présenté comme la sensation de la rentrée. Il est considéré comme favori pour le Goncourt et figure sur toutes les listes de prix.
Le même ouvrage est toutefois visé par des accusations de plagiat, ainsi que par des soupçons de recours à l’intelligence artificielle, dont le texte ne précise ni la proportion ni l’usage. Une question domine désormais les prix : « Aura-t-on des surprises, cette fois-ci, avec des voix émergentes ? » Le Goncourt vient de couronner trois hommes à la suite : Jean-Baptiste Andréa en 2023, Kamel Daoud en 2024 et Laurent Mauvignier en 2025. Se dirige-t-on, encore, vers un quatrième lauréat ?