Les travailleurs ont vu leur pouvoir de négociation diminuer après la période exceptionnelle de la grande démission. Les entreprises, en reprenant le contrôle, réduisent les promotions et les recrutements. Toutefois, dans certains secteurs comme la santé, les opportunités demeurent plus favorables pour les employés.
- Les employeurs dominent le marché de l'emploi, réduisant les promotions et les recrutements.
- Le taux de promotions a chuté à 10%, contre 14,5% en 2022.
- Les perspectives salariales se détériorent, avec une augmentation annuelle des salaires passant de 9,5% à 3%.
- Le pouvoir de négociation des travailleurs diminue, surtout dans le secteur du détail.

La dynamique du marché du travail a radicalement changé depuis le pic de la grande démission. Après avoir bénéficié d’un effet de levier considérable face aux employeurs, notamment en matière de rémunération et d’avantages tels que le travail à distance, les travailleurs se retrouvent aujourd’hui dans un environnement moins favorable. Preuve en est, selon Gusto, une plateforme spécialisée dans la paie pour PME, le taux des travailleurs recevant une promotion a chuté à un peu plus de 10%, contre un sommet à 14,5% vers mi-2022.
L’incertitude économique semble être un facteur déterminant. Aaron Terrazas, économiste chez Gusto, indique que « pendant cette période de concurrence intense pour les talents, les entreprises utilisaient des promotions comme une autre incitation à conserver leurs employés ». À présent cependant, ce besoin urgent s’est estompé alors que davantage d’employés choisissent de rester dans leurs postes.
La rémunération et la mobilité professionnelle se détériorent
Les perspectives salariales sont devenues pessimistes ; l’augmentation annuelle des salaires annoncée dans les offres d’emploi a chuté drastiquement. Elle est passée d’un pic à 9,5% en novembre 2021 à seulement 3% en avril dernier. Une enquête menée par la Federal Reserve Bank of New York révèle que ceux qui touchent un salaire bas sont prêts à accepter des nouveaux emplettes au-dessous du salaire moyen : environ 82 000 dollars en novembre dernier contre uniquement 74 000 dollars en mars.
Dans le secteur technologique par exemple, le taux de promotions a connu une chute alarmante passant de 17,4% à seulement 10% sur une année glissante. Selon Terrazas : « Il y a moins un besoin urgent pour les entreprises d’attirer leurs employés pour rester en position par le biais de promotions ».
Diminution du pouvoir de négociation
Cory Stahle, économiste au laboratoire d’embauche « Indeed », souligne que si certains secteurs tels que celui des soins apportent encore aux salariés un certain pouvoir face aux employeurs – conditions inaccessibles récemment aux métiers col blanc – beaucoup peinent maintenant particulièrement dans le secteur du détail où on observe également un ralentissement comparable à celui avant la pandémie.
La reprise actuelle comporte son lot d’incertitudes économiques qui rendraient certaines entreprises prudentes quant aux dépenses futures : « Nous ne savons pas à quoi ressemblent les dépenses à l’avenir », explique Stahle.
Pour ceux espérant intégrer ou retourner vers des emplois dits hybrides ou entièrement distants sous contrat fixe ou renouvelable au bureau durant cette période post-pandémie, cela devient compliqué puisque fin mai dernier seule compte parmi tous ces postes disponibles près de 7,5% avec mention télétravail type hybride, tandis qu’en bon temps il avait été bien supérieur.