5 Excellentes prestations de Patrick Stewart qui ne sont ni le professeur X ni le capitaine Jean-Luc Picard

Patrick Stewart est mort le 28 octobre à l’âge de 86 ans. Connu pour le capitaine Jean-Luc Picard de Star Trek et le professeur Charles Xavier des films X-Men, il a mené une carrière de près de 70 ans, riche de rôles bien plus variés que ces deux personnages. Voici cinq interprétations à revoir.

5 Excellentes prestations de Patrick Stewart qui ne sont ni le professeur X ni le capitaine Jean-Luc Picard

Sa voix d’autorité et sa formation shakespearienne ont bien servi Picard et Xavier, mais elles ne montrent qu’une partie de son talent. Il a aussi bien incarné un roi qu’un tueur. Plus tard venu à la comédie, il a su y placer des répliques parfaitement détachées de lui-même.

Cinq rôles à redécouvrir

Le rôle le plus glaçant de sa filmographie est peut-être celui de Darcy Banker, dans Green Room (2015). Le film suit un groupe punk qui doit terminer une dernière date de tournée dans un camp néonazi isolé de l’Oregon. Après avoir vu quelque chose qu’il ne devait pas voir, le groupe se barricade dans la loge, et le chef du mouvement fait venir Banker pour régler la situation. Anton Yelchin, lui aussi passé par Star Trek, joue le bassiste du groupe.

Stewart ne montre jamais Banker dépassé ni hors de contrôle. Il retire toute malveillance et toute excitation de sa voix pour parler aux jeunes gens de ce qui va se passer. Sa certitude installe une angoisse palpable, et il traite le meurtre comme une routine. Son idéologie est répugnante, mais ses méthodes sont habiles.

Un journaliste déterminé

Dans Blunt Talk, série comique de Starz diffusée entre 2015 et 2016, il incarne Walter Blunt, un journaliste de télévision britannique déterminé à prendre la tête de l’information télévisée américaine, malgré une accumulation de problèmes personnels. Créée par Jonathan Ames et produite par Seth MacFarlane, la série lui vaut une nomination au Golden Globe. Stewart attribue à son rôle dans Extras de Ricky Gervais la découverte de la manière de jouer la comédie : prendre le matériel le plus ridicule avec un sérieux absolu.

Un Scrooge violent et amer

En 1999, il est Ebenezer Scrooge dans l’adaptation télévisée de A Christmas Carol, le roman de Charles Dickens. Il avait pourtant déjà développé le personnage pendant plus de dix ans dans un spectacle en solo, où il jouait tous les rôles et a reçu un Drama Desk Award. Le projet télévisé est né de son rôle du capitaine Achab dans la minisérie Moby Dick (1998), à la suite d’une demande du producteur Robert Halmi Sr. Nommé à un Emmy Award et à un Golden Globe pour ce rôle, Stewart est aussi producteur exécutif de l’adaptation.

Son Scrooge est violent, amer et misérable, presque jusqu’au sadisme. Il prend un réel plaisir à faire souffrir, tout en semblant parfaitement conscient du mal qu’il cause, sans que cela le touche. Sa rédemption n’en est que plus satisfaisante, lorsque son sourire chaleureux apparaît enfin à l’écran.

Un maître d’armes dans Dune

Dans Dune (1984), le film de David Lynch adapté du roman de Frank Herbert, il joue Gurney Halleck, maître d’armes de la Maison Atréides et l’un des hommes qui forment le jeune Paul Atréides, interprété par Kyle MacLachlan. Guerrier endurci mais aussi artiste, il manie aussi bien l’épée que la musique. La production, réputée difficile, tentait de faire tenir le vaste roman en un peu plus de deux heures, et le résultat reste parfois déroutant. Le casting, en revanche, est remarquable, avec Max von Sydow, Dean Stockwell, José Ferrer et Sting. Josh Brolin a repris le personnage dans l’adaptation de Denis Villeneuve.

Un méchant savoureusement excessif

Enfin, dans Masterminds (1997), Stewart est Bentley, un expert en sécurité qui orchestre en coulisses la prise d’otages d’une école privée. Vincent Kartheiser, futur Pete Campbell de Mad Men, y joue Ozzie, un jeune pirate informatique qui retourne contre les criminels les systèmes de sécurité de l’établissement. Le film n’est peut-être pas une perle rare, mais Stewart y campe un méchant savoureusement excessif, qui rappelle un peu Hans Gruber, le personnage d’Alan Rickman dans Die Hard. Il y joue avec un ton ostentatoire, rarement employé en dehors du holodeck de l’Enterprise, lors d’une simulation de Robin des Bois.

Béatrice Benoit a publié 4 798 articles sur Citizenside depuis 2025.