Shangri-La Paris : l'ancien hôtel particulier du prince Roland Bonaparte

Situé au 10 avenue d’Iéna, dans le 16e arrondissement de Paris, l’hôtel Shangri-La Paris occupe l’ancien hôtel particulier du prince Roland Bonaparte. Le bâtiment fut aussi l’écrin de ses très riches collections naturalistes, avant d’être transformé en palace, ouvert en décembre 2010.

Shangri-La Paris : l’ancien hôtel particulier du prince Roland Bonaparte

Une demeure familiale et un écrin pour les collections

Pour retrouver les origines de l’édifice, il faut remonter à la fin du XIXe siècle. Petit-fils de Lucien Bonaparte, le frère cadet de Napoléon, le prince Roland possède alors une immense fortune héritée de sa femme, Marie-Félix Blanc. Celle-ci est morte un mois après avoir donné naissance à leur unique enfant, Marie, qui deviendra disciple et amie de Sigmund Freud.

Contraint de renoncer à une carrière militaire à 28 ans, après l’adoption d’une loi interdisant aux membres des familles ayant régné sur la France de servir dans l’armée, le prince se consacre à la science. Géographe, géologue, spéléologue et pionnier de l’anthropologie, il est aussi un éminent botaniste. À sa mort, son herbier privé, le plus grand au monde selon la source, compte quelque 2,5 millions d’échantillons de plantes, concernant près de 100 000 espèces.

C’est en 1892 qu’il charge l’architecte Ernest Janty de lui construire un vaste hôtel particulier dans le quartier de Chaillot, pour y loger sa fille et abriter ses collections ainsi que sa bibliothèque. Le bâtiment prend place avenue d’Iéna, une artère ouverte en 1858, dont le nom commémore la bataille napoléonienne victorieuse de 1806 contre la Prusse.

Un édifice aux références napoléoniennes

Achevé en 1896, l’hôtel multiplie, sur ses façades comme dans sa décoration intérieure, les références à la famille impériale. Aigles, couronnes et abeilles impériales, N entouré de lauriers ou portraits de l’empereur apparaissent dans les différentes pièces, où figurent également les initiales du maître des lieux.

Le bâtiment principal compte trois étages, auxquels s’ajoute un combles mansardé. Un second corps de bâtiment, situé en contrebas et donnant sur la rue Fresnel, accueille les communs, le cabinet de travail du prince et sa bibliothèque, qui comptera jusqu’à 150 000 volumes. Il s’organise autour d’une cour centrale.

Marie, devenue princesse de Grèce et de Danemark, y donne naissance à ses deux enfants. Le prince Pierre voit le jour le 3 décembre 1908, puis la princesse Eugénie le 10 février 1910.

De la vente à la restauration

Le prince Roland meurt le 14 avril 1924. Un an plus tard, en 1925, la princesse Marie vend l’hôtel à la compagnie universelle du canal maritime de Suez. L’architecte Michel Roux Spitz agrandit alors le bâtiment principal en ajoutant plusieurs étages en gradins, tout en conservant son style. En 1942, l’ensemble est cédé à l’État français, qui y installe le siège d’Ubifrance. En 2002, il passe au groupe hôtelier Shangri-La, d’origine malaisienne et basé à Hong Kong.

Le groupe engage alors des travaux pour faire de l’ancienne demeure un hôtel d’exception, offrant l’une des plus belles vues sur la Seine et la tour Eiffel, à deux pas du Trocadéro. Le chantier dure quatre années, sous la direction de l’architecte Richard Martinet, épaulé par le décorateur Pierre-Yves Rochon. La restauration restitue plusieurs éléments disparus ou masqués.

Le 10 février 2009, l’ensemble des façades et toitures, la grille de clôture sur rue, l’escalier d’honneur ainsi que plusieurs pièces sont inscrits au titre des Monuments historiques.

Une référence au prince dans l’hôtel

Le palace ouvre en décembre 2010, et se voit décerner la distinction de « palace » à l’été 2014. Le souvenir du prince Roland s’y retrouve dans plusieurs espaces. La suite « L’appartement du prince », située au 2e étage dans ses anciens espaces résidentiels, en porte le nom. Deux des trois restaurants font également référence à lui : les « Salons du prince », installés dans les salons classés, et le bistrot « Maison Roland », qui a investi le jardin.

Le « bar botaniste », dont les trois lounges occupent les anciens fumoir, billard et salon d’attente du prince, s’inspire de sa passion. Capucine, feuille de figue, géranium, réglisse ou encore sauge entrent dans la composition de certains cocktails.

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