Veronica Roth remixe sa série dystopique culte : elle souhaite que d'autres auteurs fassent pareil

Veronica Roth revient dans l’univers de Divergent avec The Sixth Faction, paru début octobre. Le roman n’est ni un reboot ni une suite, mais une version alternative de l’histoire de Beatrice « Tris » Prior, ce qui en fait, selon le critique, l’un des livres les plus intéressants de l’année.

Veronica Roth remixe sa série dystopique culte : elle souhaite que d’autres auteurs fassent pareil

Cette approche singulière, ni relecture à l’identique ni prolongement, repose sur des éléments familiers tout en proposant une version plus mûre d’une histoire que les lecteurs ont aimée. Le roman rouvre d’anciennes blessures, ouvre de nouvelles pistes et évite de modifier ce qui a déjà été écrit.

Une relecture pour les lecteurs comme pour l’autrice

Dans les années 2010, la série a passionné une large part du lectorat de jeunesse, en particulier les amateurs de dystopie. Dans cette société futuriste, les individus sont répartis en cinq factions selon leurs affinités sociales et leurs traits de personnalité, et vivent sous le contrôle de constructions qui les privent en grande partie de libre arbitre. Lorsque Tris découvre qu’elle est une Divergente, possédant des traits des cinq factions, elle choisit de rejoindre une faction qui n’est pas la sienne et déclenche une révolution. La saga mêle action, aventure, romance et éléments d’espionnage, mais elle a aussi déçu certains lecteurs : son héroïne meurt à la fin.

Ce dénouement a surpris, d’autant qu’il reste peu courant qu’un personnage principal meure à l’issue d’une saga aussi tendue. Il n’a pas été forcément bien accueilli par tous les fans, et Roth a été critiquée pendant des années. Aujourd’hui, lecteurs et autrice ont vieilli et, selon le critique, gagné en sagesse. The Sixth Faction leur permet de revenir vers Divergent avec l’expérience accumulée depuis la sortie d’Allegiant, le dernier tome de la trilogie. Pour les lecteurs, voir Tris faire un autre choix offre la possibilité de vivre à nouveau ce parcours. Pour Roth, c’est l’occasion de rendre hommage à une série qui a marqué sa carrière, tout en retrouvant de l’attachement pour cet univers et ses personnages.

Plus de maturité pour une histoire très aimée

Le critique, qui a lui-même beaucoup aimé la série, estime que la mort de Tris à la fin de la trilogie initiale était le bon choix. Il dit avoir évolué depuis la sortie du premier livre, il y a 15 ans, et s’être souvent demandé ce que donnerait cette histoire écrite par une romancière plus expérimentée. Il ajoute avoir fait lui-même ce constat sur ses propres textes anciens. Selon lui, The Sixth Faction répond à cette curiosité : le récit paraît écrit « d’un point de vue plus adulte », tout en laissant place à ses nouvelles perspectives. Il ne s’agit pas, selon lui, d’une simple note ajoutée à une nouvelle édition, mais d’une exploration et d’un élargissement de l’univers.

Le critique se dit également peu séduit par les reboots, qu’il juge peu attrayants. Il ne souhaite pas revoir la même histoire avec de nouveaux décors, de nouveaux costumes et parfois un ou deux nouveaux visages. Il n’apprécie pas davantage les récits de type « et après ? » pour une histoire déjà complètement racontée. Le roman de Veronica Roth, qu’il qualifie de « nouveau, tout en restant familier », lui permet de conserver ses souvenirs de la trilogie d’origine. Il dit d’ailleurs attendre déjà avec impatience The Last Testimony.

Béatrice Benoit a publié 4 800 articles sur Citizenside depuis 2025.