Lance Zaal, président de US Ghost Adventures, vit depuis 2024 dans le LaLaurie Mansion, une demeure de La Nouvelle-Orléans réputée être la plus hantée de la ville. Propriétaire de plusieurs bâtiments aux passés sombres, il affirme vouloir mettre en avant l’histoire et pas seulement le paranormal.

Tout commence avec la maison Lizzie Borden, qu’il découvre en vente en 2021. « La plupart des gens connaissent la célèbre comptine : «Lizzie Borden a pris une hache…» », raconte-t-il dans un récit recueilli par Business Insider. Mais peu de gens connaissent l’histoire du lieu où le crime a été commis. L’affaire de 1892 compte parmi les premières utilisations très répandues de photos de scènes de crime. Lizzie a été jugée par un jury exclusivement masculin, puis rapidement acquittée, et l’affaire reste non résolue.
Quand il prend possession des lieux, ce ne sont pas ces détails qui l’effraient le plus. Ce sont plutôt l’état du bâtiment, avec des portes pourries à travers lesquelles il pouvait passer la main, et une équipe au climat de travail toxique, où les employés ne se supportaient pas. Il dénonce aussi la tendance à traiter les bâtiments historiques comme des vaches à lait, sans jamais les rénover. Sa démarche est inverse : selon lui, ces lieux au passé difficile doivent être entretenus et accessibles à tous.
Des visites gastronomiques avant les maisons hantées
Lance Zaal n’avait pas prévu de devenir entrepreneur. Après avoir perdu son emploi de consultant dans la tech, il envisage d’en retrouver un, puis explore la création de sa propre activité : des visites culinaires. En 2014, il gagne davantage d’argent avec ces tours qu’il n’en gagnait comme consultant.
Il constate ensuite que les visites hantées attirent beaucoup de monde et les intègre progressivement à son entreprise, dans plusieurs villes. L’achat de la Borden House, pour 1,6 million de dollars, s’inscrit selon lui dans la continuité de ce développement, avec l’idée de se lancer dans l’hôtellerie et de disposer d’un lieu physique.
Depuis, son entreprise s’est étendue à d’autres lieux au passé trouble. Elle possède la Villisca Axe Murders House, dans l’Iowa, où huit personnes ont été tuées lors d’une attaque restée non résolue, ainsi que la Welty House, site de combats acharnés pendant la bataille de Gettysburg.
Mettre en avant l’histoire, pas seulement les fantômes
Pour Lance Zaal, il est important que ces lieux historiques restent financièrement solides. Il estime qu’il est judicieux d’élargir leur public et de ne pas laisser les chasseurs de fantômes occulter les passionnés d’histoire ou le grand public.
Il a donc mis en valeur l’histoire de chaque site. À la maison Borden, les visiteurs découvrent le sort des victimes et le système judiciaire au tournant du XXe siècle. Au LaLaurie Mansion, ils apprennent les sévices subis par les personnes réduites en esclavage sur les terres de Delphine LaLaurie, mais aussi que la maison a ensuite accueilli l’une des premières écoles désegrégées du Sud.
Ces histoires, dit-il, appartiennent à l’histoire et à la culture américaines. Elles ne concernent pas seulement les chasseurs de fantômes, même si ceux-ci sont les bienvenus, mais « nous tous ».
Des expériences qu’il ne sait pas expliquer
Lance Zaal dit rester ouvert au paranormal. Il raconte avoir vécu des événements qu’il ne parvient pas à expliquer, rarement, mais réellement. Lorsqu’il était en troisième, il gardait une maison avec sa mère : ils ont vu une poignée de porte s’agiter puis tourner, alors que personne ne se trouvait là. La peur ne l’a quitté qu’après qu’il a étudié l’histoire de la maison et de ses anciens occupants.
Dans le LaLaurie Mansion, des anges sculptés ornent la corniche d’une pièce, présents depuis 1832. Il les évoque avec respect : « Quand je pense à tout ce qu’ils ont vu, la maison me paraît sacrée. »
Pour lui, les histoires de fantômes servent parfois à enterrer l’histoire réelle et terrible d’un lieu. Il souhaite renverser cette logique, en utilisant la légende pour replacer l’histoire de l’Amérique au premier plan. Selon lui, « ce n’est pas une histoire vraie tant qu’on ne raconte pas toute l’histoire ».