Une délégation ukrainienne est actuellement à Washington pour discuter d’un accord controversé qui donnerait aux États-Unis un contrôle notable sur les ressources naturelles de l’Ukraine. Ces négociations, marquées par des exigences financières strictes et la absence de garanties de sécurité, témoignent des tensions persistantes entre Kiev et Washington.
- Une délégation ukrainienne est à Washington pour discuter d'un accord sur les ressources naturelles.
- La nouvelle proposition américaine exige que l'Ukraine rembourse les milliards reçus depuis l'invasion russe et alloue 50% de ses revenus miniers à un fonds contrôlé par les États-Unis.
- Les conditions imposées par Washington incluent un droit de première offre, un veto sur les ventes vers d'autres pays et une interdiction d'offrir des investissements sous meilleure condition pendant une année.
- Kiev envisage de recourir à des services conseils pour protéger ses intérêts nationaux face aux exigences financières strictes.

Une visite cruciale à Washington
Vendredi, une délégation ukrainienne s’est rendue à Washington dans le cadre de discussions sur un accord potentiel qui donnerait aux États-Unis une participation significative dans les ressources naturelles de l’Ukraine. Cette rencontre constitue la première réunion en personne depuis que la Maison Blanche a introduit un projet relançant des exigences que Kiev avait précédemment rejetées. Les pourparlers devraient se dérouler sur deux jours principalement autour d’aspects techniques, sans impliquer les hauts responsables selon les déclarations des responsables ukrainiens.
La délégation était dirigée par Taras Kachka, ministre adjoint de l’économie en charge du commerce, et incluait également des représentants des ministères concernés. La Maison Blanche n’a pas donné plus d’informations sur le contenu précis des discussions.
Le contenu de la nouvelle proposition américaine
La nouvelle proposition américaine exige qu’« l’Ukraine rembourse les États-Unis pour les milliards qu’elle a reçus depuis l’invasion russe il y a trois ans ». Selon cette initiative examinée par le New York Times, l’Ukraine devrait allouer 50% de ses revenus issus de projets liés aux ressources naturelles – incluant minéraux critiques, pétrole et gaz – à un fonds d’investissement contrôlé par les États-Unis.
Les bénéfices générés seraient réinvestis dans les projets énergétiques ukrainiens, bien que la part exacte demeure indéterminée. Cette nouvelle version omet cependant toute mention explicite concernant des garanties de sécurité, une demande que Kiev souhaite voir intégrée dans tout accord futur.
Des conditions restrictives imposées par Washington
Ce nouvel arrangement impose aussi des conditions plus strictes qu’auparavant : Washington réclamerait tous les profits du fonds jusqu’à ce que Kiev rembourse ses aides avec un intérêt annuel supplémentaire de 4%. De plus, l’accord comprendrait un « droit de première offre » pour tous nouveaux projets ainsi qu’un droit veto sur toutes ventes vers d’autres pays. Pendant la première année suivant leur signature, il serait interdit à l’Ukraine d’offrir ses investissements sous meilleure condition ailleurs.
Le fonds serait placé sous le contrôle de l’International Development Finance Corporation, qui désignerait trois membres au conseil d’administration contre seulement deux pour l’Ukraine.
Tension historiquement liée entre Zelensky et Trump
Un précédent accord avait échoué après une rencontre malheureuse entre MM. Trump et Zelensky lors d’une réunion au bureau ovale.
Les nouvelles exigences mises en avant rappellent alors celles refusées antérieurement par Kyiv tandis que ni modalités préférentielles pour son intégration européenne ni garanties sécuritaires n’ont été proposées.
Malgré cela, Andrii Sybiha, ministre ukrainien des affaires étrangères, souligne : « Tout accord futur doit être mutuellement bénéfique », insistant sur le fait qu’il ne doit pas compromettre l’adhésion future du pays à l’Union européenne grâce à un traitement particulier envers quelques entreprises américaines.
Dans cette optique constructive intitulée « dialogue stratégique », Yulia Svyrydenko ajoute : « Ce dialogue reflète nos intérêts stratégiques communs ».
Face aux défis financiers soulevés par cet accord jugé difficile alors qu’il mettrait en jeu leurs ressources nationales vitales face aux besoins impératifs liés au conflit avec la Russie et en vue du développement économique national, Kyiv envisage également le recours à des services conseils spécialisés afin protéger au mieux ses intérêts nationaux dans ce contexte incertain.