Olav Heian-Engdal, le « Hoffsjefen » du roi Harald V de Norvège, est l’un des personnages clés de la Cour norvégienne, même s’il reste le plus souvent dans l’ombre. Alors que la presse norvégienne s’interroge sur son maintien auprès du nouveau roi Haakon VIII, il occupe pour l’instant toujours ce poste majeur. Les monarchies européennes disposent toutes d’un équivalent, sous des appellations variées.

Un ancien diplomate à la tête de la Cour
Entré en 2014 comme conseiller du prince héritier Haakon, Olav Heian-Engdal a été nommé en 2017 chef du secrétariat royal, avant de devenir en 2022 le « Hoffsjefen », c’est-à-dire le Grand chambellan. Cet ancien diplomate de 45 ans, diplômé en sciences politiques, est sans doute l’employé de la Maison royale norvégienne le plus proche de l’ancien souverain.
Selon la présentation de sa fonction sur le site du Palais, « le Grand Chambellan conseille le Roi ainsi que les autres membres de la Famille royale ». Il est chargé de veiller à ce que la Cour royale apporte un soutien efficace au Roi dans l’exercice de ses fonctions. Au nom du Roi, il assure des missions protocolaires et cérémonielles lors d’événements officiels. Il occupe également les postes de trésorier du Conseil de l’ordre royal norvégien de Saint-Olav et de chef du Conseil de l’ordre royal norvégien du Mérite.
Les chefs de service sont placés sous son autorité, tout comme le chef de la Chancellerie des ordres. Cette dernière instruit les dossiers relatifs à l’attribution de décorations et de médailles et gère le Fonds commémoratif de la princesse héritière Märtha ainsi que le Fonds de la princesse Märtha Louise.
Des qualités exigeantes, selon la presse norvégienne
Tove Taalesen, experte de la famille royale du journal en ligne « Nettavisen », a détaillé pour le tabloïd VG les qualités nécessaires pour occuper une telle fonction. Il faut disposer d’un réseau international et maîtriser le protocole diplomatique pour collaborer avec le ministère des Affaires étrangères, les services du Premier ministre, les forces armées et l’ensemble des institutions officielles. Il faut aussi des compétences linguistiques, des aptitudes au commandement, la capacité de gérer un budget conséquent, et être « capable de travailler en étroite collaboration avec une famille qui mène une vie à la fois privée et publique ». La Cour royale norvégienne emploie pas moins de 150 personnes.
Chargé de préserver l’histoire et les traditions, le Grand chambellan doit aussi « être en mesure d’adopter une vision à long terme » et « oser remettre en question le statu quo », sans toutefois « faire preuve d’une impatience excessive ».
Des fonctions comparables au Royaume-Uni et ailleurs en Europe
Au Royaume-Uni, Charles III peut compter sur son « Lord Chamberlain of the Household ». Depuis 2024, il s’agit du baron Richard Benyon, ancien député et ministre, membre de la Chambre des Lords. Il chapeaute l’ensemble des départements de la Cour et planifie les grands événements, des visites d’État aux garden-parties en passant par l’ouverture solennelle du Parlement. Lors des funérailles du monarque, il brise son « Wand of Office » sur le cercueil pour symboliser la fin de son service, comme l’a fait le baron Andrew Parker pour la reine Elizabeth II.
Le Lord chambellan n’est toutefois pas le membre le plus influent de la Maison royale britannique. Ce rôle revient au secrétaire privé du monarque, principal intermédiaire entre le souverain, le gouvernement et les autres États du Commonwealth.
À Monaco, la fonction s’appelle également « chambellan », tandis qu’aux Pays-Bas on parle de « Grootmeester » (Grand maître). En Suède, au Danemark et au Luxembourg, il s’agit d’un maréchal, respectivement « Riksmarskal », « Hofmarskal » et « Maréchal de la Cour ». En Belgique, le titre de Grand maréchal de la Cour a disparu en 2006, lorsque le roi Albert II a restructuré l’institution. Il a été remplacé par celui de secrétaire général, qui coordonne les activités du roi et de la famille royale. En Espagne enfin, le Grand chambellan aristocratique a cédé la place au « Jefe de la Casa de Su Majestad el Rey », un haut fonctionnaire qui coordonne les services et gère l’aspect financier.